Le bokator du Cambodge

Une plongée dans le bokator

Le Cambodge fascine toujours par la grandeur et la complexité de son patrimoine, de sa culture et de son histoire. Visiter les anciens temples d’Angkor vous ramène au temps où les Cambodgiens luttaient pour leur liberté par l’honneur, le courage et le combat. En effet, l’un des bas-reliefs les plus frappants que l’on puisse remarquer sur les murs de ces constructions grandioses représente une histoire visuelle d’une forme d’art martial cambodgien, le bokator.

Les représentations du bokator au cours de l’histoire

Basé sur les reliefs des temples angkoriens, le bokator est un art martial khmer inventé au IIIe siècle environ par les anciens guerriers angkoriens pour le combat et l’autodéfense. Le terme « bokator » lui-même se traduit par « se battre (comme) un lion ». Cela fait référence à une légende qui aurait eu lieu il y a environ 2000 ans, dans laquelle, un guerrier vainquit un lion à mains nues.

Le Bokator sur les bas-reliefs d'Angkor

De fait, les lions n’ont jamais erré en Asie du Sud-Est, bien que les lions asiatiques se trouvent dans l’ouest de l’Inde. De plus, la culture et la philosophie indienne étaient principales influences de la culture angkorienne. Ainsi, on peut dire que le concept du lion et la dénomination « bokator » aient été inspirés par des influences indiennes. Au début de leur formation, les pratiquants ne commencent jamais les sessions sans rendre hommage au Brahma.

Le maître San Kim Sean

Jusqu’à l’époque du régime de Khmer Rouge, où ceux qui pratiquaient les arts martiaux étaient exterminés, se sont exilés ou ont cessé l’enseignement et se cachaient. Le bokator connut donc un fort déclin, puis fut ensuite complètement interdit lors de l’occupation vietnamienne. Durant ce temps-là, le maître San Kim Sean quitta le pays et s’installa aux Etats-Unis où il enseigna le bokator et les arts martiaux coréens. Cet homme est considéré comme le père du bokator moderne et crédité pour avoir fait revivre cet art. En 1992, il est rentré au Cambodge pour rendre le bokator à son pays et le faire connaître au monde entier. La première compétition nationale de bokator eut officiellement lieu à Phnom Penh en 2006.

Les techniques du bokator, se baser sur les styles animaliers

Étant l’un des plus anciens systèmes de combat existant au Cambodge, il comprend des armes et des techniques de combat au corps-à-corps. Comme certains arts martiaux de la région, les mouvements du bokator contiennent 341 ensembles basés sur les styles des animaux tels que le lion, le cheval, les oiseaux, etc. En raison de sa similitude visuelle, le bokator est souvent décrit à tort comme une variante de Kun Khmer, une forme de kickboxing cambodgien.

Le bokator en action

Contrairement au sport de combat libre qu’est le kickboxing, le bokator fut d’abord conçu avec un objectif principal : gagner sur le champ de bataille. Sous l’empire angkorien, les guerriers étaient formés pour frapper avec presque toutes les parties du corps, y compris les genoux, les mains, les coudes, les pieds, les tibias et la tête. Même les épaules, les hanches, la mâchoire et les doigts pouvaient être utilisés pour combattre un adversaire jusqu’à la soumission ou à la mort. Cependant, ce n’était pas seulement les parties du corps qui étaient employées dans le combat, les armes étaient aussi employées. Les bâtons de bambou, les lances et même le krama – écharpe cambodgienne traditionnelle – étaient utilisés dans les mouvements du bokator.

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Le bokator, au corps à corps ou avec des armes

Cet art martial combatif fut pourtant modifié par la suite par le maître San Kim Sean pour convertir en un sport compétitif et un sport à pratiquer pour rester en bonne santé. Le bokator moderne se concentre moins sur la force que sur l’esprit. L’aspect le plus important du bokator est la méditation venant de trois niveaux : le primaire pour la santé physique, le secondaire pour la santé mentale et enfin le dernier pour donner de l’énergie.

Les combattants d’aujourd’hui

Lors du combat, les combattants portent toujours l’uniforme traditionnel des anciennes armées khmères. Les cordons de soie bleu et rouge, appelés sangvar day, sont attachés autour des biceps. On croyait que ces cordons étaient considérés un porte-bonheur augmentant la force, bien qu’aujourd’hui elles ne soient plus qu’un cérémonial. Certains enroulent encore les cordes autour de leurs mains et poignets comme les guerriers. Afin de réduire les blessures et l’aspect brutal de cet art martial, les combattants sont pourtant encouragés à les remplacer par les gants de boxe. L’identité culturelle et la fierté nationale sont présentées par le port d’un krama avec le drapeau national sur la tête. L’autre est enroulé autour de la taille marquant le niveau de maîtrise des combattants.

Le costume traditionnel du bokator

En effet, le système de ceinture du bokator utilise les kramas de 7 couleurs différentes correspondant à 7 niveaux de maîtrise. La formation initiale se compose de cinq niveaux liés à cinq couleurs : blanc, vert, bleu, rouge et brun. La ceinture nous dit également les styles animaux qui sont pratiqués par les combattants. Le blanc représente les styles du canard, du crabe, du cheval, de l’oiseau et du dragon tandis que le vert est celui du roi singe, du lion, de l’éléphant, de l’apsara et du crocodile. Pour obtenir la ceinture noire, les pratiquants doivent maîtriser 1000 techniques sur les 10.000 techniques présentes dans le bokator. Ils portent la ceinture noire pendant au moins dix ans d’études pour atteindre le nieau le plus élevé corespondant à la ceinture jaune. Pour y arriver, les pratiquants doivent non seulement maîtriser 10.000 techniques mais aussi être entièrement dévoués à l’art et apporter de grandes contributions au bokator.

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>>> De Preah Vihear à Siem Reap
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