Une plongée dans le sanctuaire de My Son, coeur de la civilisation cham
Bien que le bouddhisme prévale au Vietnam contemporain, le pays, notamment la côte centrale du sud, fut dans le passé remarquablement influencée par des valeurs et des institutions culturelles issues de l’hindouisme indien. Cette région, connue sous le nom de royaume de Champa avant d’entièrement appartenir au Vietnam au XIXe, adopta l’hindouisme comme religion officielle. Aujourd’hui, on en trouve des vestiges tant dans la vie des locaux que dans les ruines d’une série de tours-sanctuaires impressionnantes. Le site le plus impressionnant est situé à 40km à l’ouest de la vieille ville de Hoi An. Nous vous emmenons dans ce vestige spectaculaire de l’ancien royaume de Champa, l’incroyable sanctuaire de My Son.
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L’histoire du sanctuaire de My Son

Après que le Champa fut vaincu par les Vietnamiens, ce complexe de 70 tours-sanctuaires fut abandonné et tomba en ruine au fil du temps… Jusqu’à la fin du XIXe siècle… Camille Paris, un fonctionnaire de l’administration française, a redécouvert le sanctuaire de My Son lors de son expédition cartographique. Plus tard, les archéologues de l’École Française d’Extrême Orient commencèrent à fouiller le site et se sont attelés à la restauration de certaines tours. Malheureusement, le sanctuaire et ses secrets cachés furent bombardés durant la guerre du Vietnam en 1969, lorsque les forces américaines attaquèrent les Vietnamiens qui s’étaient établis dans les ruines antiques.
L’emplacement sacré du sanctuaire de My Son
Un lieu de méditation au cœur de la nature
My Son est le nom d’un village de la commune de Duy Phu, district de Duy Xuyen, province de Quang Nam, qui était considéré comme un emplacement convenable pour la construction du sanctuaire sacré de l’ancien royaume de Champa. Situé dans une vallée fermée et escarpée, l’espace de My Son correspondait bien aux exigences de l’hindouisme. Selon laquelle, un espace divin est un lieu sacré où les fidèles peuvent atteindre les dieux en sublimant leur âme. Pour entrer dans cet cœur religieux, il faut concentrer son esprit pour faire l’expérience de la vérité en se débarrassant de la vulgarité. Ainsi, un lieu tranquille isolé de la vie quotidienne, mais surtout avec la nature, est parfait pour la méditation.
En effet, l’hindouisme est une philosophie respectueuse de la nature. Aucune religion, peut-être, ne met autant l’accent sur le culte de la nature que l’hindouisme. Ainsi, l’emplacement du sanctuaire de My Son s’inscrivait parfaitement dans les significations religieuses liées à la nature. La rivière de Khe The dans le sanctuaire de My Son se jette dans la vallée et rejoint la rivière de Thu Bon. Cette dernière, connue sous le nom de Mahadani sur les anciennes stèles champa, était considérée comme une symbolisation de la rivière sacrée de Gange en Inde. Il s’agissait également d’une source d’eau importante pour les rituels et les cérémonies importantes dans les temples.
D’autre part, sa situation au cœur des montagnes joua également un rôle important dans le choix de l’emplacement. Cela provient du culte des montagnes sacrées, une combinaison de la vénération de grandes pierres connues sous l’expression de mégalithe, et de la montagne sacrée « Meru » dans la mythologie hindoue. Dans le complexe de My Son, la signification de la montagne sacrée est associée au mont Rang Meo.
Un sanctuaire dédié au pouvoir de procréation
Presque toutes les religions honorent le pouvoir de la procréation, sans lequel la vie n’existerait pas. La procréation ou la fertilité est représentée par des symboles, des rituels et des prières dans les pratiques religieuses. Les symboles utilisés pour décrire la fertilité peuvent être des choses animées ou inanimées, des diagrammes ou des gestes de la main. Ces symboles sont appelés symboles de fertilité. Dans l’hindouisme, les organes génitaux constituent des fétiches du rite de fertilité.
Dans le complexe de My Son, la montagne de Rang Meo représente le linga, symbole masculin de Shiva. Le grand bassin des tours-temples, avec la rivière de Khe Tho, est considéré comme un grand yoni, symbole de l’énergie féminine. L’union linga-yoni constitue le symbole de fertilité le plus puissant de l’hindouisme représentant la totalité du monde.
Raisons pour lesquelles les Chams choisirent cet emplacement puisqu’il répondait parfaitement aux éléments géographiques, spirituels et aux conceptions religieuses.
La structure architecturale du sanctuaire
Le mystère des techniques de construction du sanctuaire de My Son
Ce qui rend cette destination très attrayante est probablement son architecture. Malgré les grands dommages pendant la guerre et au cours du temps, les ruines de My Son conservent encore des empreintes d’un monument autrefois splendide. Selon de nombreuses recherches, les premiers tours-temples de My Son ont été construits en bois au IVe siècle. Après un grand incendie, ils furent reconstruits en brique, avec des techniques de construction unique restant encore un mystère à ce jour. En effet, si vous y prêtez attention, vous constaterez qu’aucun mortier n’est utilisé pour tenir les briques.
Une autre différence sur l’aspect des briques est également une chose intéressante à souligner. Après de nombreux travaux de restauration, on peut voir des briques couvertes de mousse et des briques qui gardent toujours leur couleur rougeâtre. Ainsi, selon vous, lesquelles sont originales ? On peut seulement dire que ce sanctuaire est quelque chose qui dépasse le sens commun. Les Chams avaient une technique précise de cuisson des briques en terre cuite, un secret bien gardé jusqu’à ce jour : les briques originales sont celles qui ne changent pas de couleur.
La structures des tours-temples de My Son
Le sanctuaire de My Son est composé de plusieurs groupes de tours, dont chacun a une tour-temple principale (Kalan), entourée de plus petites tours et de bâtiments. Le Kalan était considéré comme une miniature du centre de l’univers où se tenaient les rituels dédiés à Shiva. La construction des tours-temples du sanctuaire était principalement inspirée par la conception du mont Meru, une montagne sacrée dans l’hindouisme. Le mont Meru serait situé au centre de la Terre où résident les dieux. Au-dessus se trouvent les cieux, en dessous les enfers et autour s’étend le monde visible où tourne le soleil. Les temples étaient construits en briques cuites et en piliers de pierre décorés de bas-reliefs en grès représentant des motifs tels que des fleurs, des animaux, Kâla – Makara (des animaux mythologiques d’origine hindoue), des danseurs Apsara et des scènes de la mythologie hindoue.
Le caractère sophistiqué de cette technologie témoigne du génie des Chams, tout en montrant un aperçu de leur pensée religieuse. Ils ont harmonisé l’âme avec le sol et la pierre, se connectant à mère nature pour construire le puissant et magnifique sanctuaire de My Son. Reconnu par l’UNESCO comme site du patrimoine mondial en 1999, My Son est également un musée monumental de l’humanité, archivant des connaissances inestimables sur la culture, la sculpture et l’architecture cham oubliées depuis bien longtemps.
Le sanctuaire de My Son est une visite incontournable lors d’un voyage à Hoi An. En effet, il s’agit de l’un des sites les mieux préservé de la civilisation Cham. Une culture aujourd’hui presque disparue qui a su passionner les explorateurs et surprend toujours les voyageurs. Oubliée au profit de la civilisation khmère, les Chams ont pourtant marqué la région d’une empreinte indélébile qu’il ne faut pas manquer de découvrir.
Pour découvrir My Son et la culture cham :
>>> La grande traversée du Vietnam en 15 jours
>>> Une découverte du Vietnam en famille









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Une idées du programme pour 2020 :
La tradition des arts martiaux ou Vo Thuat telle qu’elle existe aujourd’hui est une compilation de milliers d’années de pratique et d’innovations. Sur les anciens bronzes de Dong Son on retrouve l’existence de techniques guerrières pratiquées par les anciens Vietnamiens dès la préhistoire en utilisant des armes simples. Ces techniques commencèrent à s’affiner et à se développer pendant la dynastie des Hung Vuong (entre 2879 et 258 av. J-C). Il est supposé que les arts martiaux vietnamiens aient été créés durant cette période en se basant sur l’apprentissage des techniques d’armes simples comme la hache, le poignard ou l’arc.
Le Vietnam a ensuite connu les vicissitudes de l’histoire, de la deuxième occupation chinoise au XVe siècle à la libération, puis la guerre civile continuelle entre le nord et le sud du XVIe jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. Les pratiques martiales se séparèrent en plusieurs courants ennemis selon le soutien apporté à l’une ou l’autre dynastie. Il existait ainsi une différenciation de plus en plus forte entre les pratiques, suivant leur implantation géographique, amenant à la création de styles bien spécifiques. Enfin, les armées Tay Son, conduits par Nguyen Hue, grâce à leur pratique martiale intelligemment utilisée, parvinrent à réunifier le pays. Le Vo Thuat retrouva sa valeur éducative pour l’individu en renforçant la composante philosophique et morale et en respectant un code d’honneur et de conduite strict. À cette époque apparurent des groupes très particuliers qui protégeaient secrètement les riches et les mandarins en maîtrisant les arts martiaux de haut niveau et leur permettant de s’introduire sans bruit en se fondant dans la nuit.
Le Nhat Nam 


















Les origines de la fête des fantômes est incertaine mais les gens croient qu’elle a pris racine il y a de plus de 2000 ans. Il agit d’un festival traditionnel pratiqué dans la plupart des pays asiatiques, influencés par le Bouddhisme et la pensée taoïste. Selon la légende du taoïsme, la fête tombe le jour de l’anniversaire du seigneur Qingxu, l’officiel céleste de la Terre. Cette divinité est responsable de juger les actes de vivants et de se décider s’il faut apporter de la fortune à la personne digne. Il peut également pardonner des fautes à ceux qui ont mal agi. Dans le bouddhisme, le festival est associé à Mulian (ou Maudgalyayana), un disciple de Bouddha. On raconte qu’il organisa une cérémonie le 15e jour du septième mois lunaire en priant le soulagement de l’esprit de sa mère, qui avait fait des actes malfaisants dans sa vie antérieure.

La fête de Vu Lan, quant à elle, est une occasion où les enfants montrent leur gratitude et leur piété filiale à leurs parents. Son origine est liée à la légende bouddhiste que nous avons mentionné au-dessus, l’histoire de Mulian. L’un des disciples les plus proches de Bouddha, Mulian avait atteint l’illumination. Il eut une vision de sa mère souffrant en tant que fantôme affamé. Avec ses pouvoirs, Mulian fournit un bol de riz à sa mère. Cependant lorsque la nourriture atteignit ses mains, elle s’est enflammée et fut transformée en charbon de bois. Attristé, Mulian alla demander conseil à Bouddha.
















